Quand deux insularités socio-culturelles se côtoient au cœur de l’Europe. le rapport à l’intégration des communautés grecque et turque de Bruxelles et leurs relations mutuelles

Promoteur.trice.s
Chercheur.e.s
Sources de financement
IRSIB, projet « Brains back to Brussels »
Le but de cette recherche anthropologique est d’analyser les mécanismes qui structurent le repli identitaire de deux populations issues de l’immigration méditerranéenne dans cette ville-carrefour qu’est Bruxelles, le centre conceptuel et décisionnel de l’Europe. Il sera question d’analyser ce repli dans ses formes nationalistes et religieuses telles qu’il est particulièrement observé dans le cas des communautés d’immigrés grecs et turcs.
Cette étude permettra de mieux comprendre pourquoi les membres de tout âge de ces deux communautés continuent d’être si attachés à leur pays d’origine pour reproduire des stéréotypes les concernant, et ce, malgré une présence prolongée en Belgique, qui remonte déjà à plusieurs générations. C’est essentiellement dans l’intimité de la sphère privée que les immigrés montrent et vivent leur attachement identitaire au pays d’origine. Quel espace est laissé dans ce domaine à l’intégration à la société bruxelloise d’accueil, et à l’interculturalité, c’est-à-dire aux identités métissées revendiquées comme telles, qu’un esprit « communautariste » étroit pourrait qualifier de « déplacées », voire d’ « anti-patriotiques » ?
Dans le contexte de cloisonnement ethnique de ces deux populations spécifiques, quelles failles existe-t-il qui permettraient aux Bruxellois originaires de deux pays « frères ennemis », dont les communautés se sont développées dans un contexte économique comparable et des circonstances socio-politiques similaires de segmentation, de repenser les différends d’ordre géopolitique opposant leurs pays d’origine respectifs et de bâtir des relations de confiance tant entre elles qu’avec la société d’accueil ?
Dans ce but, il est proposé d’étudier de manière comparative l’histoire de l’immigration grecque et turque à Bruxelles, en ce qui concerne la démographie, la concentration géographique, la situation scolaire et économique, le développement du réseau associatif, et les rapports avec la société belge. Cet état des lieux permettra de mieux analyser non seulement leur évolution dans le temps, mais aussi leur attachement insistant aux valeurs et aux modèles d’identification à la « mère-patrie ».
En ce qui concerne la méthodologie, trois étapes sont prévues : une analyse critique de la bibliographie scientifique existante ; la réalisation d’entretiens approfondis d’ordre qualitatif auprès de leaders d’opinion, d’observateurs privilégiés, de représentants associatifs, d’entrepreneurs, et de travailleurs sociaux issus de ces deux communautés ; et, enfin, l’observation participante, lors des manifestations associatives, culturelles, religieuses, sportives et festives de ces deux communautés.