Recherche-action sur le phénomène de l’importation du conflit israélo-palestinien dans le vivre ensemble multiculturel bruxellois et pour la prévention d’idéologies et d’actions haineuses

Promoteur.trice.s
Chercheur.e.s
Sources de financement
financement interne avec le soutien de la Fondation de Judaïsme de Belgique
Date de début
Date de fin

Nos sociétés ont de tout temps été perméables aux événements internationaux, en particulier ceux qui agitent le Proche-Orient. Or, depuis octobre 2000 (l’éclatement de la seconde Intifada) et surtout depuis janvier 2009 (l’attaque de de la Bande de Gaza par Israël), les échos de ce conflit en Belgique semblent plus prégnants. Aux débats d’idées sur le conflit israélo-palestinien rencontrés notamment dans les milieux de gauche (maghrébins ou non), s’est substituée une approche du conflit plus passionnelle et religieusement connotée, qui a débouché dans certains cas sur des manifestations ou, pire, à des agressions antisémites. Peu d’études existent à l’étranger sur le phénomène de « l’importation de conflits » dans des enjeux et rapports sociaux locaux, mais il n’y a pas encore de recherches en Belgique particulièrement au sujet de l’influence du conflit israélo-palestinien sur les relations intercommunautaires locales. Depuis quelques années pourtant, un courant croissant d’observateurs belges (enseignants, journalistes, hommes politiques, militants associatifs…) tire la sonnette d’alarme sur les impacts négatifs de ce conflit sur les relations entre les différentes communautés ethnoreligieuses de Belgique et surtout de Bruxelles. Qu'en est-il réellement sur le terrain des relations sociales et interculturelles bruxellois?

L’objectif du projet de recherche est double :

  • Démontrer l’intérêt scientifique que peut présenter une recherche sur les conséquences sociales et identitaires du conflit israélo-palestinien dans notre société et ses effets tant sur l’imaginaire collectif que sur la cohésion sociale de nos populations multiculturelles. La pertinence sociale du projet s’impose au regard de la contribution qu’une telle analyse peut apporter au débat sur les questions de coexistence pluriethnique et de citoyenneté interculturelle en Belgique.
  • Contribuer à la rencontre de responsables associatifs juifs, arabo-musulmans et autres, mais aussi à celle de professionnels de l’éducation, du travail social, de la communication et des arts de la scène de différentes origines et d’appartenances diverses afin de lancer une collaboration pour la mise en place de projets d’information, de sensibilisation et d’action sociale dont l’objectif serait d’offrir aux publics bruxellois des activités culturelles et artistiques initiant à l’interculturalité et à l’éducation à la paix, ainsi que permettant la prévention d’idéologies et d’actions haineuses à commencer par l’antisémitisme.

La recherche préliminaire à propos de l’impact de ce conflit sur le vivre ensemble bruxellois a été menée en 2007-2009. Un matériel important a été récolté à l'aide d'une méthodologie qualitative de groupes de discussion dans lesquels furent accueillis près de 80 professionnels de l'enseignement, du travail social et du monde artistique et culturel bruxellois. Toutefois, le CES(IR) a du suspendre cette recherche pour des raisons d'organisation interne et pour cause d'agenda du promoteur appelé à d'autres tâches.


Le travail sera poursuivi en 2011. Les résultats du premier rapport sur base d'éléments empiriques récoltés à Bruxelles entre 2007 et 2009 serviront alors de base à des groupes de discussion réunissant de manière privilégiée des acteurs associatifs des communautés juive et du monde arabo-musulmane de Bruxelles dans un double but :
(1) récolter du matériau de première main sur les discours haineux et les exclusions socio-culturelles vécues dans ces différentes communautés bruxelloises ;
(2) développer le sens de l’intercompréhension des participants dans le cadre bienveillant de groupes de discussion, où les associations présentes seront invitées à faire connaissance et à mobiliser leurs ressources pour de combattre ensemble, par des actions concertées, le racisme et l’antisémitisme.