THÈSE DE DOCTORAT

Sous titre
La culture comme support alternatif d’intervention sociale. Approche comparée de projets culturels et artistiques participatifs à la croisée de trois politiques - santé mentale, activation des allocataires sociaux et revitalisation urbaine
Chercheur.e.s
Thèse
La culture comme support alternatif d’intervention sociale. Approche comparée de projets culturels et artistiques participatifs à la croisée de trois politiques - santé mentale, activation des allocataires sociaux et revitalisation urbaine
Sources de financement
Assistanat USL-B

Depuis les années 80, une triple crise traverse durablement les sociétés occidentales contribuant progressivement à redéfinir le rôle et la place de la culture dans ce contexte. Une crise économique d’abord, marquée par une inflation du chômage, une précarisation des situations de travail, l’ébranlement de l’efficacité du système assurantiel et entraînant dans son sillage le retour et la multiplication d’individus occupant la position de « surnuméraires» (Castel, 1995). À cette crise économique se greffe une crise politique caractérisée par l’exclusion croissante de franges de la population de la vie citoyenne. Enfin, une crise culturelle, étayée par de nombreux auteurs (Caune, 2006 ; Bordeaux, 2008 ; Donnat, 2008) faisant le constat d’un essoufflement voire d’un échec de la démocratisation culturelle, principe visant l’accès aux œuvres d’art pour le plus grand nombre et qui, en Belgique, constitue avec la démocratie culturelle les deux axes structurant les politiques culturelles.
Si jusque-là la culture était perçue comme une situation problématique à laquelle il fallait remédier en tentant d’élargir son accessibilité, l’on observe depuis près de trois décennies une sollicitation accrue de la culture comme solution aux différents maux dont souffrent nos sociétés. C’est ainsi que l’on observe la sédimentation de projets artistiques et culturels dans le domaine des politiques économiques, sociales et urbaines, de l’éducation, de la santé, etc. Au-delà de la variété des pratiques qu’ils recouvrent et des publics auxquels ils s’adressent, bon nombre de ces dispositifs semblent néanmoins partager une croyance dans les vertus de la culture, capable d’induire, par le biais d’une expérimentation participative et ludique, des effets positifs sur la situation sociale et culturelle des individus, consistant par là même en un support alternatif d’intervention sociale.
Il s’agit donc, par le biais d’entretiens et d’observations ethnographiques, de prendre comme objet des ateliers d’expression et de création artistique déployés à l’intersection de trois politiques distinctes : santé mentale, activation des allocataires sociaux et  revitalisation urbaine dont le dénominateur commun est de s’adresser à des publics reconnus comme souffrant d’un déficit d’intégration sociale auquel il s’agit de remédier par un biais autre que celui de l’insertion socioprofessionnelle. Plus précisément, nous souhaitons cerner la manière dont les participants définis priori comme étant en difficulté sociale ainsi que les initiateurs des projets construisent, se saisissent, donnent sens, vivent, expérimentent et s’approprient ces dispositifs et d’autre part, d’examiner ce que projets produisent sur les individus qui y prennent part et à quelles conditions.